ROYAUTE

Pourquoi un roi ?

Il faut un Chef d’Etat qui représente tous les Français et pas seulement la faction qui l’a élu. Il faut un souverain délié des querelles partisanes, capable de garantir l’unité, la souveraineté et la pérennité de notre pays. Il faut un arbitre au-dessus des factions qui préserve les libertés publiques et la dignité de la personne humaine. Le président de la Vème république est censé jouer ce rôle, mais le costume est trop grand pour lui : il reste le chef de file d’une faction politique, plus soucieux de la prochaine élection que de la prochaine génération. Seul un roi, indépendant du jeu politique, peut assumer cette fonction. Les rois ont fait la France, elle se défait sans roi.

Quelle est la légitimité du roi ?

Le roi ne tient pas sa légitimité d’une pseudo « souveraineté du peuple » qui est un mythe révolutionnaire. Le roi ne tient pas non plus sa légitimité de lui-même, de ses mérites ou de son prestige, comme on l’attendrait d’un « homme providentiel ». Le roi tient sa légitimité de l’institution royale dont il est le successeur. Car seule l’institution royale peut assurer à notre pays la continuité politique dont il a besoin pour faire face aux grands défis de ce siècle. Seule l’institution royale peut échapper aux passions partisanes et aux péripéties du moment. C’est ce qui fonde sa légitimité.

Sacre

Oui, le roi est sacré. Par le sacre est affirmé le caractère transcendantal de la royauté et donc sa légitimité. Lors du sacre, le roi prononce des serments qui le lient : défendre la France et ses citoyens, de rendre justice aux petits et aux faibles, de demeurer fidèle à son peuple, de respecter sa parole, de se garder de tout orgueil, et de bannir la haine et le mensonge. Par le sacre, le roi reconnaît une morale chrétienne, fondement des valeurs de notre civilisation, et qui lui est opposable par n’importe quel citoyen. Mais le roi est et reste un laïc. Son pouvoir est temporel, contrairement à la république qui prétend gouverner les esprits.

Prérogatives royales

Concrètement, les prérogatives royales s’inscrivent nécessairement dans un cadre constitutionnel. Nous proposons de reprendre certains principes de la constitution de la Ve République, telle qu’elle était prévue au départ : le roi est le Chef de l’Etat. Il promulgue les lois, signe les traités, nomme le Premier ministre ; Il est Chef des armées, recours juridictionnel suprême, arbitre des institutions. Assisté d’un Haut Conseil qui prépare ses décisions, il exerce donc des prérogatives réelles.  Mais il laisse au gouvernement la charge de définir et conduire la politique nationale et au Parlement celle de représenter les Français.

Monarchie constitutionnelle

Le terme de « monarchie constitutionnelle » est ambigu. Si l’on entend par là une monarchie dotée d’une constitution, alors oui, il y aura nécessairement une constitution pour organiser le pouvoir entre chacun des acteurs politiques : le roi lui-même, le parlement, le gouvernement, les mairies, etc. Mais si on entend par « constitutionnel » le fait que le roi est investi par une constitution qui le précède, comme s’il était le premier fonctionnaire de l’Etat, alors non, car cela nierait le principe de sa souveraineté : le roi est souverain, indépendamment de la constitution.

Monarchies européennes

Les monarchies étrangères ne sont pas seulement représentatives comme on a tendance à le croire. Ces monarchies possèdent des pouvoirs institutionnels réels mais ne les exercent pas intégralement, en raison de contextes politiques variés. En particulier, la crise morale, le démocratisme et l’esprit républicain n’épargnent pas ces pays et contraignent les souverains à faire des compromis. Mais ces monarchies, malgré leurs faiblesses, font comme toutes les monarchies, elles se placent dans une perspective à long terme, assument la continuité de leur pays, et, quoiqu’on en dise, leur unité.

Transition vers la royauté

Il est impossible de prédire quelle serait la transition entre la République et la royauté, car cela dépendra des circonstances politiques (paix ou conflits civils, effondrement ou non des institutions républicaines, contexte international, etc.) et du scénario de réinstallation monarchique (président élu organisant un plébiscite, poussée parlementaire, vacance du pouvoir républicain…). Ce qui est certain, c’est que l’installation de la monarchie se fera nécessairement par la rencontre d’un prince avec son peuple.

Prétendants

L’Alliance royale ne se prononce pas sur le prince parce que les conditions et le contexte du retour du roi sont inconnus et parce que, d’une manière ou d’une autre, c’est l’Histoire qui aura le dernier mot. L’Alliance royale n’a pas vocation à faire des propositions dans ce domaine. En entrant dans le paysage politique par les élections, elle veut, et c’est déjà beaucoup, préparer les esprits du plus grand nombre possible et remettre dans le débat public la question royale. Pour l’instant, se réclamer d’un prince réduirait à la question dynastique son action politique. L’Alliance laisse donc à d’autres associations le soin de soutenir tel ou tel prince.

Drapeau

Le drapeau blanc à fleurs de lys est relevé parce que c’est celui du roi. Il signifie la présence du souverain. Mais, le drapeau tricolore demeure l’emblème national. Beaucoup de personnes sont mortes pour lui, sur les champs de bataille ou dans la résistance. Le drapeau tricolore a dépassé son cadre révolutionnaire et a été le symbole de l’unité des Français lors des crises les plus graves. En revanche, pour marquer l’adoption de ce drapeau par la royauté, les armes de France seront apposées en son centre.

Fête nationale

Nous proposons la commémoration de la bataille de Bouvines, le 27 juillet, comme fête nationale. Bouvines est une « victoire créatrice ». La France ne date pas de Bouvines, bien entendu. Elle remonte dans sa substance à l’époque gallo-romaine, elle naît comme entité politique des fonts baptismaux de Reims. Mais, le 27 juillet 1214, la France est devenue une nation à part entière. Voilà pourquoi cette victoire fondatrice doit être fêtée, bien plus que le 14 juillet de triste mémoire. D’un côté, en 1214, un peuple uni faisant face à une menace extérieure qui voulait démembrer la France. De l’autre, en 1789, un épisode barbare et sanguinaire, scellant une rupture profonde au sein de la nation, et sur lequel la République a fondé sa propagande. Si le 27 juillet 1214 est une victoire créatrice, le 14 juillet 1789 est, lui, une émeute destructrice. Voilà la réalité.

Fête patronale

Marie est la patronne principale de la France. Nous proposons donc le 15 août comme fête patronale de la France, dans la continuité du vœu de notre roi Louis XIII. Contrairement à la fête nationale, dont le caractère est temporel, la fête patronale fait mémoire et actualise l’héritage chrétien de notre peuple