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Le serment d'allégeance fut la base de la féodalité, qui de nos jours est assez décriée en comparaison de la démocratie moderne.

Le serment d'allégeance est l'élément fondamental de la reconstruction de la civilisation et de l'organisation du pouvoir après la chute de l'Empire romain d'occident et l'écroulement de la société Carlovingienne, celle de Clovis et des Francs. Un grand spécialiste de droit coutumier de cette époque raconte "Le chaos s'était produit à un moment sans doute. Il frappait tellement les yeux les moins clairvoyants que le peuple attendait, vers l'an mil, la fin du monde. Mais l'ordre, un ordre relatif, allait se substituer à ce chaos et donner naissance à un monde nouveau."Il s'agit de l'ordre féodal fondé sur la relation d'allégeance.

A cette époque , du XI au XIV siécle, le sens premier du mot obligation est l'apport d'un bien en garantie, recouvrant progressivement tout lien de droit, puis tout lien moral et allégeance signifie initialement le soulagement, la consolation.  Le serment d'allégeance devient à cette époque l'acte clé de la féodalité, qui consacre l'existence du fief et les engagements réciroques du vassal et du suzerain. Ce droit féodal est décrit dans sa plus grande pureté en 1099 par les Assises de Jérusalem. Tandis que chez nous le régime féodal prend insensiblement un caractère politique et civil, en Terre Sainte il reste exclusivement militaire et ne s'applique qu'aux noble.

Le serment d'allégeance, qui ne peut être prêté que par des hommes libres, nobles ou chevalier, est précédé de l'hommage, par lequel le vassal se déclare l'homme de son suzerain, et décrit ses engagements le plus souvent siéger au conseil de justice, accepter les décisions de justice et rendre le devoir d'ost ou de chevauchée, c'est-à-dire fournir un certaincontingent militaire, à la demande du suzerrain. Le vassal reconnaissait donc des obligations, mais restait libre.

Le suzerain en échange était tenu d'alléger son vassal, c'est-à-dire de le soutenir de le soulager, de le protéger. Si le vassal manquait à ses devoirs de fief, il y avait commise, le contrat était résolu et la terre devait être restituée. Si au contraire le seigneur manquait à ses devoirs de protection, il avait méffait, le vassal pouvait rendre le domaine et s'affranchir de sa vassalité. 

Ainsi le serment que nous prêtons à la royauté n'est pas une obéissance mais une allégeance à celle-ci tout en étant libre  de déclarer qu'il y a meffait et donc de ne pas s'engager.