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Classée cinquième sur une cinquantaine de critères, derrière celles des Etat-Unis, de la Russie, de la Chine et de l'Inde , la discrète armée française a tout lieu de se atisfaire de cette position. En matière militaire, les effets de taille, mesurée en termes de surfaces et populations sont d'une importance primordiale; aussi la comparaison à ces quatre puissances  est d'autant plus élogieuse.

Promue dans un proche avenir à s'imposer  comme la principale force d'Europe, notre armée s'apprête à contrôler l'appareil militaire de l'Union, et à renforcer son influence dans la politique commune de sécurité. 

L'armée française tient son rang sur les opérations extérieures et l'a prouvé en détruisant des installations, au Moyen Orient,  chimiques en Syrie; elle déploie plus de dix mille militaires , hors de nos frontières, en Europe,aux Emirats, en Afrique, pour assurer une présence ou pour des missions de maintien de l'ordre et de sécurité, réalisées parfois seule, amis aussi dans le adre de l'ONU et de l'OTAN. Quelques sept mille soldats sont également présents outre-mer en Guyanne, aux Antilles, à la Réunion en Océanie aux côtés des populations, au titre de la souveraineté. La Gendarmerie Nationale, composante essentielle des forces armées , compte une centaine de milliers de militaires pour assurer, entre autee, des missions de sécurité intérieure, celles qui font aussi des héros, et particulièrement des réseaux terroristes en activité sur le territoire national.Cent-cinquante militaires ont perdu la vie en dix ans lors d'opérations extérieures , et plus de six-cents ont été blessés.

Le potentiel humain, véritable richesse  de notre armée, mais à très forte contribution lors des opérations extérieures, est suremployé sur le territoire national, notamment dans le cadre de l'opération "sentinelle" déployé après les attentats de 2015 et bien avant sous le règne du Président de la République CHIRAC. Ces dernières missions ne sont plus valorisantes, d'autant qu'elles s'exercent dans un cadre budgétaire très resserré, avec des équipents largement insuffisant, surtout en ce qui concerne la sécurité personnelle de ceux qui assurent la nôtre.

Les efforts ne sont pas reconnus, ni récompensés. Les armées de diète ont considérablement affaibli notre potentiel avec des conséquences prévisibles sur "le moral des troupes" L'armée recrute forme mais ne parvient plus  fidéliser, faute de ne pouvoir améliorer le quotidien des serviteurs; des réformes rapidement perceptibles sont attendues.

Tout n'est pas question de budget mais, néanmoins, l'argent reste "le nerf de la guerre" et l'effort de remontée en puissance ne sera pas aussi rapide que la contraction des crédits car le retour sur investissement s en formations spécialisées nécessite plusieurs années : " une armée s'entretient mille jours durant et s'emploie qu'un moment ", selon un proverbe chinois. Après alerte du chef d'Etat-Major des armée, le général de Villiers, le gouvernement semble prendre conscience de l'inadéquation  entre ambitionss politiques, les programmes engagés etdes myens qu'ils impliquent; un effort budgétaire est alors programmé sur cinq ans, avec mise à niveau des effectifs.

Si les moyens mis à disposition sont déterminants por sa puissance et son rayonnement dans les parties du monde où elle intervient, son prestige auprès de la population de l'hexagone et hors métropole, ainsi que l'engagement de la Nation constituent des soutiens indispensables à ses réuissites. Ainsi même avec un budget notablement inférieur , les perspectives à moyen terme pour notre arméee sont plus favorables que celles de nos voisins britanniques, pourtant réévaluées à la hausse.

La mouvance soixante-huitarde et la diminution des menaces aux frontières du monde occidental, ont accentué le désintérêt des français pour leur armée.

Le terrorisme islamique qui représente aujourd'hui la menace la plus visible et la plus perceptible selon le Chef de l'Etat impulse une dynamique inverse; mais il existe bien d'autres foyers et le monde peut rapidement s'embraser. Selon un rècent sondage trois français sur quatre trouvent leur armée performante, et plus de huit sur dix estiment que son budget n'est plus en ligne avec les missions qui lui sont confiées. L'image et le prestige de l'armée et cette tendance est en lien avec l'insécurité qui s'installe discrétement mais, progressivement dans le pays, gangrène l'Europe et l'Afrique.

Dans ce contexte l'idée d'établir un service militaire universel, est probablement la plus novatrice pour tenter de transformer notre société, et de la préparer aux nouveaux défis. Toutefois, il convient de le repenser dans l'objectif de tisser les liens qui se sont dégradés entre la Nation et une partie de sa jeunesse, plus que dans celui de former de futurs réservistes. En apprenant que la France est un bien qui appartient à tous, que chacun doit servir et défendre, on peut espérer, au cours des classes appelées et dans les générations futures, neutraliser ceux qui cherchent à la détruire de l'intérieur, faute de formations, de civisme et d'objectifs. Nos militaires seront partiellement soulagés des missions intérieures de surveillance tout en assurant des actions de formation indispensables aux fondamentaux de notre société.

Défendre et protéger la France et l'Europe, intervenir dans le monde au nom du droit et des valeurs morales et démocratiques, sont des missions de notre armée dont nous pouvons être fiers. Mais il faut aussi chasser de nos territoires, les armées d'occupation qui imposent des règles défiant celles de la République, dans les zones qu'elle a délaissées. Le service universel, associé à d'autres pratiques à mettre en oeuvre dès l'enfance, n'est pas la solution, mais très certainement l'une de ses composantes pour y parvenir dans le temps. Il y aura des coûts à assumer, et d'importants profits à en tirer sous une génération.

La défense nationale, s'est mise en chemin vers ces objectifs, mais le temps perdu ne se rattrape pas, et la cadence devra être augmentée.

Philippe Nourrisson