SE DEMETTRE PLUTÔT QUE DE SE SOUMETTRE

 

Sorti de sa réserve, le Général Pierre De Villiers s’interroge aujourd’hui sur (Qu’est-ce qu’un chef ?) de la même manière on peut dire qu’es-ce qu’un maître ? dénonçant la crise d’autorité qui continue à se développer dans nos démocraties.

L’autorité, qui légitime, le droit de commander et d’être obéi, consiste plus à faire jaillir de ses équipes l’initiative, l’imagination, les solutions, qu’à exercer des pressions constantes.

En publiant ses ouvrages, le Général Pierre de Villiers ouvre une brèche dans le monde du mutisme, mais ceux qui recherchent un esprit de vengeance ou des mots mettant un terme à la regrettable escarmouche publique au plus haut niveau du commandement, resteront sur leur faim.

Ce n’est pas le registre ni le tempérament de l’auteur centré sur le culte de la mission et non sur le règlement de comptes, pour finalement gagner une guerre sans (perdre une paix) ; ses leçons d’humilité doivent s’apprécier en silence dans l’isolement du pouvoir.

On y trouve des témoignages sur (la violence qui recule partout où la force avance), et sur les difficultés à établir des relations de confiance entre le monde militaire qui (dans une sincérité au premier degré, travaille portes ouvertes, regarde dans les yeux et se préoccupe de l’intérêt général)., et celui du politique peu enclin à la détermination, ce (courage du temps long).

Le fossé se creuse de plus en plus entre ceux qui décident et ceux qui exécutent sans réellement comprendre ; l’homme n’est plus au centre, ce n’est plus son bonheur qui compte mais sa performance et la dimension financière dans laquelle il s’inscrit. Cette vision d’un militaire rompu aux méthodes de commandement renforce son prestige, et sa réflexion lucide sur la déshumanisation de notre société explique, au moins en partie, les désordres qui la déconstruisent.

Le chef est (tourné vers les autres ; pas vers le pouvoir qui peut rendre aveugle par orgueil) ; il écarte ce qui unit, il respecte et fait confiance, recherchant un (obéissance d’adhésion et d’amitiés) plutôt que celle imposée par la contrainte.

Le militaire est plus vertueux que le politique parce qu’il sait que servir n’est pas se servir, que la cohésion se construit pour et pas contre, que dans les vraies guerres, pas celles d’opinions, les balles sont réelles et la lâcheté se paie (cash) au prix fort, et que les vraies stratégies ne se limitent pas à une durée de mandat.

Inspiré du texte de Philippe Nourrisson.